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24 août, 2011

Les rondeurs et la mode :-(

Classé dans : Et quelques récits, fruit de mon immagination — ismeraldamadrid @ 8:40

Je quitte le café, rasassiée et le moral au zénith. Je franchis la porte du premier magasin de mode qui s´offre à moi, il s´agit de la boutique Esprit, je regarde les chemisiers et j´en choisi trois, le premier blanc à dentelles, ceintré à la taille; le second fleuri style tunique, le troisième rose légèrement décolleté, je m´approche des jupes et deux m´interpellent, je regarde les tailles, je me saisis de la 38. Je décide d´essayer les deux modèles, une beige plissée et une mini-jupe rose portefeuille à trois gros boutons. Enfin, je vois les robes et une petite robe légère courte et moulante me cligne de l´oeil.  Avec la pile de vêtements sous le bras , je me rends aux cabines d´essayage. Là, je me déshabille et me conserve que mes dessous fins, mon reflet apparait dans le miroir, je n´y prête pas attention, trop intéressée par les tenues choisies dans les rayons. Je me saisis du chemisier rose légèrement décolleté et de la jupe assortie. J´enfile le dessus, je me sens un peu à l ´étroit dans cet habit. Ma bonne humeur se laisse aller. Je passe la jupe et au moment de l´attacher, je constate que les boutons restent entrouverts. Je me laisse choir par terre et je m´effondre en larmes, je détache le chemisier et j´observe mes bourrelets. Un certain dégoût me monte à la tête, je pleure de plus belle. Je m´en veux de ne pouvoir contrôler mes pulsions! J´ai une envie folle de déchirer toutes ces fringues. Soudain j´ai peur, je me recroqueville sur moi-même, une idée vient de traverser mon esprit: Pierre me trompe, cela devient une certitude ! Mon corps le dégoûte et il compense cette situation avec une belle et adorable jeune fille. Les images de leurs étreintes se bousculent dans mon cerveau, je ne vois pas le visage de cette splendide beauté. J´ai mal, très mal, une pointe au coeur! Mes larmes continuent de couler. Tout se bouscule dans ma tête, nos moments de bonheur et cette réunion de ce soir!

Je me relève, je remets le chemisier et la jupe sur leurs ceintres respectifs. Je me rhabille en tournant le dos au miroir. Je prends un mouchoir dans mon sac, et le passe sur mon visage. Je quitte la cabine et remets les vêtements à leur place. Je marche comme une automate. Je suis atterée! Je marche au hasard dans le centre commercial, sans voir le monde qui m´entoure ou ne voyant que les couples heureux qui s´embrassent, se prennent par la main, rient complices de la moindre pécadille. Je me sens seule, très seule. J´hésite entre téléphoner à mon amie et n´en parler à personne. J´ai honte, vraiment honte de ce que je suis devenue.  Je regarde par terre. Je sors enfin de ce complexe.

Dehors, le soleil brille. Les jeunes demoiselles se promènent légèrement vêtues, leurs jambes sont sculpturales, leurs tailles sont fines et leur poitrine est bien marquée par les vêtements qui les mettent en valeur. Je manque d´air, je dois m´asseoir. Je m´installe à une terrasse du premier café que je rencontre. Je demande au serveur qui passe prendre la commande une bière et un sandwich jambon beurre.

Cinq minutes plus tard, une serveuse souriante m´apporte mon assiette et ma boisson. Je décide de payer directement et je lui en fais part:

« Je vais vous payer de suite. »

- D´accord madame.

Je lui donne un billet de dix euros. Elle me rend la monnaie. Je bois d´un trait la moitié du verre, le liquide coule doucement dans ma gorge, cette fraicheur amère me fait du bien. Je mords à belles dents le pain et je mâche lentement, je suis déjà plus calme, toujours inquiète cependant. Je prends mon portable dans mon sac. Je cherche dans la mémoire le numéro de Monique, la sonnerie retentit dans mon oreille, deux fois et elle décroche. « Bonjour ma Belle, comment vas tu ? »

- Pas trop bien, je sanglote en lui faisant part de ma situation.

- Ne fais un drame d´un petit kilo de trop, ma chérie. Voyons Pierre est incapable de te tromper. Pourquoi ce manque de confiance ? Tu t´ennuies trop, et tu fais une montagne d´un grain de sable parce que tu es trop oisive, crois-moi!

- Ce n´est pas un grain de sable et Pierre attache une grande importance au physique, retorque-je avec amertume.

- Bon dans ce cas, suis mon conseil, inscris toi dans une salle de musculation.

Je reste interloquée, mais je réponds avec résolution: « tu as raison, je vais de ce pas mettre à exécution ce projet! Et toi, comment vas tu ? »

- Bien, je travaille sur un rapport que m´a transmis mon chef de service, une évaluation d´un programme de réaménagement d´un site.

- Cela me parait très intéressant.

- Bof, un peu complexe; mais je crois que je m´en sortirais, me répond Monique avec son enthousiasme constant!

- Merci pour cette précieuse conversation, tu m´as remonté le moral. J´espère que tu auras bientôt le temps de prendre un verre avec moi.

- Ok, je te rappelle la semaine prochaine et on se voit, promis. Bisous

- Bisous Monique.

Tout en achevant mon sandwich, je réfléchis sur l´endroit où se trouve une salle de musculation. Je me lève et quitte la terrasse. Pendant que je m´éloigne, une main se pose sur mon épaule, je me retourne et je vois un homme de haute taille, les cheveux grisonnants, les yeux bleu-verts, le teint légèrement halé, vêtu d´un polo blanc lacoste, un pantalon en toile vert olive et à son bras une veste appartenant à ce costume.

- Excusez- moi, je vous regarde depuis un moment assise seule à cette terrasse. Ce n´est pas mon habitude d´aborder les personnes que je ne connais pas, mais quelque chose m´y a poussé. Cela va peut être vous paraître indécent ou trop audacieux, voire peut être grossier, mais je ne pouvais résister à cette pulsion. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas un dragueur. Je souhaite juste que vous preniez cette carte avec mon numéro de téléphone…

- Je suis en couple, monsieur.

- Il n´y aucune mauvaise intention de ma part, je suis juste une intuition. S´il vous plait, prenez la. Gardez la, je vous le demande comme un service et un jour…peut être, ressentirez vous le besoin de m´appeler et de prendre un café en ma compagnie…je fais confiance au destin.

- Je ne pense pas que je vous appelerai, mais si vous y tenez.

- Vous me rendriez heureux en me promettant de ne pas la jeter…pour le reste, l´avenir, seul connaît la réponse….vous me le promettez, s´il vous plait. Son sourire, et sa petite mine sont vraiment très séduisantes. Je ne comprends pas ce qui le pousse à agir ainsi, ou plutôt je le conçois et pourtant…je réponds : « Bon d´accord, voilà, je la range là devant vous, dans la poche intérieure de mon sac! Elle restera à jamais à cette place! »

- Merci…puis-je connaître votre nom ?  Le mien est inscrit sur la carte: Jean Paul.

- Je m´appelle Nancy.

- C´est vraiment un très joli nom, je ne vous oublierai pas…vous avez marqué ma vie, soyez en convaincue.

- Je suis un peu pressée, excusez-moi!

- Oui, bien sûr. A bientôt Nancy. Il me regarde souriant, ses yeux scintillent, son regard me semble pétillant…il irradie une énergie qui est très apaisante. Je suis intriguée, je  m´exclame:  » A bientôt! » je fuis l´endroit à grandes enjambées, me traitant d´idiote d´avoir dit ces mots…mais dans le fond de moi même, toutes mes émotions s´entrechoquent.

Du coup, je constate que je suis devant une salle de sports, je franchis la porte résolue à changer ….

6 réponses à “Les rondeurs et la mode :-(”

  1. jcn54 dit :

    Bonjour Isméralde
    Une jolie nouvelle, très plaisante à lire.
    Bisous, bonne journée.
    JC

    Dernière publication sur Jean Claude's news : Un ange parmi les anges

  2. afaurore dit :

    moi je préfère ne plus me regarder dans une glace car depuis ma fausse couche les kilos s’accumulent. Mon corps stocke pour une grossesse qui n’existe plus.
    La méga loose!!!!

  3. binicaise dit :

    Gros gros problèmes je vois …..bonne journée bises Jacqueline

    Dernière publication sur Binicaise : Blog en pause pour une durée indéterminée.

  4. katara dit :

    Bonjour à toi, ah ces kilos… j’en ai perdu 18 il y a deux ans… mais mon bonhomme ne m’a jamais jamais fait ressentir qu’ils étaient de trop. Et pourtant ! bises

  5. paulstendhal dit :

    Bonjour Ismeralda,

    Quelle belle histoire, si bien narrée !
    Quelle opportune rencontre que celle de Nancy et Jean-Paul !
    Quel beau miroir aux émotions, que cette nouvelle bien fraîche !
    Quelle douce musique, qui est bien une valse, celle des sentiments !

    Bien amicalement.

    Paul Stendhal

    Dernière publication sur Oaristys : Poème : L'Amour Vainqueur (2)

  6. katara dit :

    belle journée à toi

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