Ceci est un aparté, car aujourd´hui, je suis le blog d´honneur de l´annuaire des nuls Donc je remercie Domi pour cette gentille attention. Je remercie également tous les bloggeurs qui se seront laissés convaincre de venir me faire une petite visite dans mon univers: » De Madrid à Liège »
Pour mon article d´aujourd´hui, c´est juste ici en dessous: 
« Les larmes aux yeux , je m´effondre dans le canapé; je voudrais trouver une réponse à mes questions, mes doutes, mon incompréhension. Je suis dépassée par le sytème dans lequel j´évolue. J´aime Pierre et je lui voue une réelle admiration mais la soumission à laquelle je me sens contrainte m´épuise et me frustre; je pense que cette attitude de sa part effrite mon amour, ma tendresse. Je comprends que de part ses fonctions de cadre supérieur, il a l´habitude de mener tout le monde à la baguette…mais je ne suis pas son employée
. Je pense que ses démonstrations d´amour sont occasionnelles…Bien sûr, il consacre beaucoup de temps à son travail mais je doute que son esprit vogue à la recherche de ma personne; par contre, je ne serais pas surprise si je découvrais qu´une autre femme puisse occuper ses pensées
!
Une nouvelle angoisse m´accapare, je sens ma gorge qui se serre davantage et un premier sanglot soulève mon coeur. Je me dispose à me servir un verre de whisky quand l´image de Karl traverse mon esprit! Je retiens mon action, et je me rends dans la cuisine. Je me sers un grand verre d´eau et j´imagine mon entraîneur, un sourire illuminant son visage, des mots d´encouragements sortants de sa bouche. Je bois d´un trait ce liquide frais qui descend dans mon gosier et me rafraîchit. Je me sens tout à coup beaucoup plus calme comme si ce breuvage avait eu ce bienfait miraculeux.
Plus tranquille, je décide d´allumer le poste de télévision pour me changer les idées. Je vois sur l´écran Waris Dirie qui fait l´objet d´une interview. Il s´agit d´une superbe femme, son visage aux traits doux occulte toute une souffrance, qu´enfant elle a dû supporter. Elle explique qu´elle est née dans le désert somalien, en 1965 (plus ou moins, dans cet espace, il n´existe pas de registre civil) et que ses parents nomades, respectaient les traditions. Son nom signifie fleur du désert. A l´âge de cinq ans, elle subit l´ablation génitale: une cliteridectomie, on lui enleva le clitoris et les petites lèvres. Son père était un homme rude qui n´hésitait pas à frapper pour imposer la loi de leur Société. L´eau manquait, l´argent aussi, ils avaient un troupeau. Les circonstances étaient pénibles; sans chaussures, il fallait se déplacer sur les pierres et le sable brulant, les pieds saignaient douloureusement.
A l´âge de 13 ans, elle s´est enfuie de son pays et de la situation: elle refusait d´épouser un vieillard de 60 ans. Elle traversa le désert et fit face à de grands dangers. Mais elle était convaincue qu´elle avait raison. Quand elle subit l´excision, elle comprit qu´elle devrait lutter pour changer sa vie. Sa soeur était morte pendant ce rite, à cause d´une hémoragie. Mais pour les gens de la tribu, rien n´était de trop au nom de la pureté féminine, avant le mariage. Donc malgré le décès de l´ainée, Warris avait aussi connu l´ablation. « Rien n´est plus terrible, que de se retrouver avec juste un petit trou, de la taille d´une pointe d´allumette, pour évacuer l´urine et la menstruation » raconte-t-elle.
Elle arrive à la capitale et demande à partir travailler chez une tante qui vit à Londres, épouse d´un diplomate. Là bas, on la charge du ménage. Quand ces parents doivent quitter l´Angleterre, elle travaillera chez Mac Donalds et là, elle rencontre Terrence Donovan…et il change sa vie. Maintenant, elle donne des conférences pour changer la mentalité de ceux qui croient en l´excision…
De nombreuses pensées traversent mon esprit: je songe en toutes ces traditions qu´endurent les femmes, dans d´autres pays du monde, ainsi les femmes girafes : dont les spirales pèsent sur les côtes qui évoluent en penchant vers le bas. Ainsi, plus les côtes penchent, plus le collier tombe sur les épaules, ce qui le rend trop large et pas assez grand pour envelopper encore tout le cou. C’est à ce moment qu’il est remplacé par une spirale plus longue, afin de continuer le processus. Bien qu´il soit possible d´enlever ces colliers, la force de l´habitude fait que ces femmes ne s´en séparent jamais, ils deviennent presqu´une extension de la femme. En oûtre, les muscles se retrouvent également affaiblis. L´origine de cette tradition reste inconnue malgré toutes les hypothèses qui tournent autour.
Des images passent dans ma tête évoquant ces femmes des tribus mursi en Ethiopie qui portent des disques d´argile dans les lèvres (des ornements labiaux), arrivées à la puberté, il faut qu´on leur extrait les incisives inférieures afin que la salive humecte constamment la lèvre déformée qui se sèche à cause du plateau. Il semble que cette tradition soit née comme une protection à l´encontre de l´esclavage. L´allure inesthétique qu´offrent ainsi les femmes éviteraient qu´elles soient enlevées.
Je m´efforce de me mettre dans la peau de ces femmes. Je m´imagine vivant sans clitoris et sans petites lèvres, mutilées d´une facette de mon plaisir sexuel. Alors, je me suppose envisageant la relation de couple sous un autre angle, relativisant la part du sexe ou lui accordant une autre « importance ». Assumer un rôle empathique constitue un comportement compliqué, il faut se débarasser de notre perception du Monde, inculqué par l´éducation de notre Société, nos traditions, nos acquis, nos connaissnces livresques, nos principes, nos valeurs etc…penser avec l´éducation et les préceptes de ces personnes. J´imagine donc que pour la plupart de ces jeunes filles, évoluant dans ces mileux, rien ne pourrait être plus normal et adéquat à une Vie »saine » et heureuse. Elles n´envisagent sûrement pas un chemin de Vie différent. Lutter contre « les idées reçues » semble constituer l´attitude la plus difficile à acquérir, et c´est valable partout dans le monde, même si en Occident, nous avons connu Descartes: « Je pense donc je suis ». Il faut relativiser, prendre du recul vis à vis des situations, envisager des hypothèses différentes et même passer à l´action en tentant l´expérience…et là surgissent nos peurs…à moins de foncer : peut être
…
Du coup, je reviens à ma réalité. Quelle attitude vais je adopter devant Pierre ? Me faudrait-il demander conseil ? Mais à qui m´adresser : Monique ? peut être, mais elle va saturer avec mes problèmes…Karl ? je ne le connais pas assez…Ma soeur ? bof, on n´est pas trop sur la même longueur d´ondes; longueur d´ondes: tout part de là, partager ou ne pas partager la même vision des choses, des événements, des comportements… la capacité à tolérer, accepter une opinion différente, un concept dissemblable du nôtre, c´est tout un défi que de parvenir à admettre que notre vision de la situation, de la Vie ne constitue pas l´unique et sine qua non solution et que notre position n´est pas innébranlable.
Parfois, réenvisager les données du problème et recevoir un avis différent sur la question peut déclencher le clic nécessaire pour arriver à un accord…alors devrions nous consulter un thérapeute pour couples: car il serait le plus neutre et approprié pour trancher dans le vif de notre désaccord….oserais-je proposer cette alternative à Pierre ?
«