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11 avril, 2013

« Ces pensées qui rendent malade: la notion de pardon » (2)

Classé dans : Le fruit de ma réflexion — ismeraldamadrid @ 18:00

« Le pardon issu du mental.

Le pardon issu du mental est celui que nous allons accorder à l´autre pour différentes raisons que nous imaginons être importantes. Cette démarche met en jeu le mental au travers de notre éducation, de notre religion, de notre philosophie et de notre égo. Le résultat en est une rancune profondément ancrée, une relation envers l´autre brisée ou tout au moins distante et pleine de méfiance. En bref, cette façon de procéder ne mène pas à l´ouverture du coeur mais maintient (tout en prétendant le contraire) la fermeture à soi-même et en conséquence à l´autre. Essayons d´énumérer quelques raisons de ce type:

- Il faut pardonner! Cela est bien et recommandé par toutes les religions et certains mouvements spirituels. Par conséquent, nous devons le faire. Si nous désirons être bien, il faut passer par cette étape;

- Nous pardonnons, car il en va de notre subistance! Nous nous sentons tellement dépendants de l´autre que nous nous voyons dans l´obligation de lui pardonner.

- Nous désirons garder l´amour et la considération de l´autre et du même coup, nous sommes prêts à nous accuser à la place de l´autre afin de ne surtout pas ternir notre relation.

- Nous pardonnons car cela est plus simple de paraître être une personne forte et indestructible que rien ne touche plutôt qu´un être faible qui peut ressentir de la colère ou une de ces autres émotions  négatives.

- Nous pardonnons car nous ne pouvons pas faire autrement puisque nous sommes victimes de choses odieuses et que cela étant établi, nous nous trouvons dans le devoir d´accepter cela à vie. L´autre est par définition le bourreau et nous sommes par conséquent condamnés à être la victime expiatoire.

- Nous pardonnons, ce qui nous permet d´enfoncer et surtout de maintenir l´autre dans la culpabilité. Dans notre grandeur d´âme, nous allons accorder le pardon à celui ou à celle qui a fait du mal afin de l´écraser et de le réduire en miettes.

Si nous nous trouvons en situation de devoir pardonner à quelqu´un, cela sous-entend que cet autre nous a fait du mal;  autrement, nous n´aurions pas à lui pardonner! Si nous avons été blessés par l´autre, cela signifie forcément que nous avons ressenti une émotion de la famille des tristesses ou des colères. Et si nous estimons qu´il nous faut effectuer « un travail de pardon », cela implique que la souffrance demeure, ou bien qu´elle n´est plus présente mais qu´il nous faut faire néanmoins ce travail afin de nettoyer définitivement ce que nous pourrions encore ressentir à l´encontre de l´autre… Dans les deux cas d´espèce, cela vient nous dire qu´un ressenti est encore bien présent et vivace en nous-mêmes.

J´insiste bien sur cette réalité, qui peut être déplaisante: il subsiste une tristesse ou une colère non vécue bloquée par le mental, ce qui provoque la souffrance. La personne souffrante, étant dans l´ici et le maintenant, devrait à se moment-là se dire: « Oui, bien que cela aille à l´encontre de ce que je désirerais être ou paraître, je suis encore en colère. » N´étant pas dans le moment présent, cette même personne va dire : « J´ai été blessée par l´autre et je dois faire un travail de pardon, car cela est nécessaire si je désire continuer à rencontrer cette personne ou vivre « libéré » et de façon légère. »

Les « je dois » et « il faut » sont des phrases issues du mental, car si nous nous trouvons en contact avec notre être profond, nous savons ce que nous avons à vivre afin d´être en respect de nous-mêmes, ce qui n´est pas une corvée mais une démarche faite dans la joie.

Que va faire alors cette personne ? « Décider » d´entreprendre cette démarche. Nous décidons avec notre tête et non avec notre coeur, ce qui revient à dire que le mental est à la base de cette démarche. Ce dernier va alors diriger et être le maître. Le « travail » va être un travail mental, purement mental, c´est-à-dire volontariste. La personne doit se convaincre tout d´abord qu´elle n´est plus en colère et qu´elle pardonne à celui qui lui a fait mal… « J´ai encore mal, mais je me convaincs que ce n´est pas le cas. » « Je souffre, mais je décide que cela n´est plus ». J´ai encore envie, à l´évocation de la scène, mais cette envie est digne d´un animal, et moi qui suis une personne dotée d´intelligence, je raye d´un coup de baguette magique cette envie; cette émotion « négative » ne doit pas exister et je m´en débarrasse simplement en me répétant avec ma tête que je pardonne .

Comme nous pouvons le constater, toutes ces réflexions, ces actes ne sont pas issus que du mental. Derrière toute cette démarche, l´égo est omniprésent. Pire, ce qui se veut être une démarche d´amour est dénué de tout amour, puisqu´elle nie à la personne qui l´entreprend le droit même d´exister et de ressentir.

J´ai très souvent envie de dire aux personnes convaincues (dans leur tête) qu´il leur faut entreprendre ce genre de travail: soyons plus humbles et acceptons que dans certaines circonstances, malgré notre merveilleuse éducation, nous puissions ressentir des émotions « négatives » telles que la colère et qu´il nous faut passer par l´acceptation de celles-ci afin de nous sentir mieux et de parvenir à un pardon réel, naturel et simple. Certes, il serait préférable de ne pas ressentir, mais devant l´évidence, pourquoi nier ? Pourquoi nous refuser le droit d´être qui nous sommes ? Au nom de l´amour des autres, nous ne nous donnons trop souvent plus le droit de nous aimer. »

Le pardon semble donc toucher deux grandes thématiques: social et psychologique. La Société nous vante les vertus du pardon mais notre Ego éprouve de sérieuses difficultés à réaliser cette démarche. Ce n´est pas aisé de demander pardon mais ce n´est pas non plus facile d´accepter de pardonner à celui ou celle qui nous a ofensé! La Société nous contraint trop souvent à anhiler notre personnalité au nom du groupe avec de sérieuses conséquences pour notre bien être comme individu.

Pensez vous que le Dr Dufour aborde le sujet du pardon depuis le bon angle ? Si vous appréciez son point de vue, je vous invite à lire mon prochain article qui reproduit la suite de ce chapitre consacrée au pardon.

5 réponses à “« Ces pensées qui rendent malade: la notion de pardon » (2)”

  1. Le pardon,cette force de notre amour qui subjugue l’autre,lui rend mémoire de son acte,de sa parole,
    belle réflexion que tu nous propose là,
    très bonne soirée Ismeralda.

    Dernière publication sur chasseur d'images spirituelles : L'atelier des jours

  2. patriarch dit :

    Le pardon ? Cela dépend de l’injure ou de la gravité du préjudice, pour moi et quand j’ai quelqu’un dans « le nez », c’est pour toujours…

    Peut-être parce que je suis athée, mais j’ai souvent rencontré plus d’hypocrisie, chez les croyants de tous bords !!!

    Bonne journée avec bises !

  3. Le Marginal Magnifique dit :

    Compliqué tout ça, déjà avec du recul, mais si en plus on est impliqué fortement émotionnellement… là ça devient quasi-ingérable !

    Bon week-end.

  4. Le pardon n’est pas qu’un sujet de religion.
    Dans certaines tribus, les guerriers mangeaient le coeur de leurs ennemis pour honorer leur courage et augmenter leur force !
    Pardonner à quelqu’un qui nous a fait souffrir, c’est encore souffrir que de se souvenir du mal qu’on nous a fait!
    Alors, moi, je ne pardonnne pas, j’ignore, je deviens indifférente à l’autre !
    Pourquoi se gacher une fois l’existence ?
    Pas de vengeance, pas de pardon, je passe à autre chose!
    Bon we à toi, ma chère Isméralda
    biz
    Tân

    Dernière publication sur chroniques variées : Les yeux, les oreilles ou les dents ????

  5. didier dit :

    Il y a beaucoup de sorte de pardon! ils ne se ressemblent pas
    Bon week end Is

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